Le milieu physique

Géologie, sols et pédologie

Les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon se situent dans une zone géologique caractérisée par des sols et une pédologie variés. Le bassin versant de la rivière Rouge est marqué par un paysage de collines, de lacs, de plates-formes et de vallées alors que les dépôts de surface qui caractérisent les bassins versants des rivières Petite Nation et Saumon ont été accumulés lors de la dernière période glaciaire, il y a environ 80 000 à 10 000 ans (MRC de Papineau, 2001).

Géomorphologie et topographie

Les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon sont définis par une géomorphologie et une topographie diversifiées.

Les dépôts de surface, aussi appelés formations meubles, forment la couche de matériel non consolidée qui se situe entre le substrat rocheux et les sols. De façon générale, on considère les dépôts de surface à partir d’un mètre de profondeur jusqu’au roc. Ces dépôts d’origine marine constituent les principaux dépôts de surface de la zone de gestion avec 69.9 % de la superficie totale de la zone de gestion. Les dépôts de surface d’origine fluvio-glaciaire représentent un pourcentage non négligeable dans la zone de gestion avec 8.9 % de la superficie totale de la zone de gestion. Les dépôts organiques, soient les tourbières et marécages, totalisent 3 % de la superficie totale de la zone de gestion.

L’étude géomorphologique des bassins versants comprend également l’analyse des pentes fortes. Les pentes fortes (entre 30 et 40 %) occupent 9.7 % de la superficie totale de la zone de gestion et sont presque exclusivement situées dans le plateau laurentien. Les pentes entre 9 et 15 % prédominent avec 26.4 % de la superficie totale de la zone de gestion. Les pentes entre 4 et 8 %, quant à elle, occupent 19.3 % de la superficie totale de la zone de gestion.

Les districts écologiques (portion du territoire caractérisée par un patron propre du relief, de la géologie, de la géomorphologie et de la végétation régionale) de la zone de gestion montrent une prédominance des buttes et des basses collines, représentant respectivement 43.5 et 37.6 % du territoire.

Climat, précipitations et changements climatiques

Le climat et les précipitations dans les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon se caractérisent par une très grande diversité, en partie expliqués par la topographie. Deux types de climat se distinguent : un climat modéré du sud au centre et un climat subpolaire du centre au nord. D’une façon générale dans les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon, les minimums moyens des températures minimales sont de -15 °C en janvier et 15 °C en juillet tandis que les maximums moyens des températures maximales sont de -5 °C en janvier et 26 °C en juillet. Les précipitations sub-humides variant entre 800 et 1 359 mm sont majoritaires dans la zone de gestion (MDDEP, 2009).

Dans le bassin versant de la rivière Rouge, les conditions climatiques de la partie nord sont moins favorables et la température moyenne annuelle varie de 0 à 2.5°C. Ces conditions apportent un couvert de neige plus abondant et persistant qui permet de soutenir la pratique d’activités récréatives hivernales sur une plus longue période.

Trois grands types de climat marquent les bassins versants des rivières Petite Nation et Saumon. Un climat froid et humide définit les parties nordiques se situant entre 200 et 400 m d’altitude (MRC de Papineau, 2001). Au centre, un climat modérément froid à doux et humide caractérise ces bassins versants jusqu’à concurrence de 200 m d’altitude. Finalement au sud, en bordure de la rivière des Outaouais, domine un climat doux et humide. Dans les bassins versants des rivières Petite Nation et Saumon, les précipitations moyennes annuelles avoisinent 1000 mm (Conseil régional de l’environnement et du développement durable de l’Outaouais (CREDDO), 2004).

Hydrographie et hydrologie

Le réseau hydrographique de la zone de gestion est essentiellement composé de bassins versants de niveau 1, 2 et 3 et l’ensemble du réseau hydrographique s’écoule dans la rivière des Outaouais qui constitue le bassin versant de niveau 1. Ce dernier intègre les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon qui représentent les bassins versants de niveaux 2. Finalement, ces bassins principaux sont le réceptacle de sous-bassins versants dits de niveau 3. Au niveau de la rivière Rouge, les bassins versants de niveau 3 sont ceux des rivières Beaven, Diable, Lenoir, Macaza, Maskinongé et Nominingue. Les rivières Petite Rouge, Preston et Saint-Sixte constituent les niveaux 3 de la rivière Petite Nation alors que la Rivière Saumon n’a pas de tributaires de niveau 3 de grande superficie.

Les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon englobent dans leur territoire non seulement d’importantes rivières, mais aussi des zones inondables et des zones d’érosion.

La concentration des plaines inondées est localisée dans la partie sud de la zone de gestion des bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon.

Le régime hydrologique représente les variations dans le temps des débits d’un cours d’eau. Les crues correspondent aux périodes de forts débits, tandis que les étiages correspondent aux périodes de faibles débits. La zone de gestion des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon dispose de sept stations hydrométriques ouvertes dont cinq de débit et deux de niveau. Les stations de débit sont localisées sur les rivières Rouge, du Diable, de la Petite Nation et dans les ruisseaux Suffolk et Saint-Louis. Les stations de niveau sont le barrage Chapleau situé sur le lac Chapleau et le barrage Cornu au lac Cornu à Saint-Faustin-Lac-Carré.

Dans la zone de gestion, les lacs représentent 7.8 % de la superficie totale. Parmi les lacs de grandes superficies dans la zone de gestion se retrouvent le grand lac Nominingue, le lac Gagnon, le lac Papineau, le lac Montjoie et le lac Simon. Ce dernier, situé dans le bassin versant de la rivière Petite Nation est le plus grand lac de la zone avec une superficie de 28.99 km2.

Milieux humides

Les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon regorgent d’innombrables milieux humides. Les milieux humides se situent sur les rives ou les berges des plans d’eau, au bas de certaines pentes de montagne où l’eau s’infiltre lentement ou dans certaines dépressions naturelles ou artificielles (Conseil régional de l’environnement (CRE) de Montréal, 2008). Selon Canards Illimités Canada (2009), ils couvrent une superficie totale de 408.7 km2 de la zone de gestion, soit 4.8 % de la zone de gestion des bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon.

Faune et flore

Les mammifères représentent une richesse faunique du bassin versant de la rivière Rouge. Les populations de mammifères de ce territoire sont largement dominées par l’ours noir, le cerf de Virginie, l’orignal, le loup, le pékan, le renard roux, le raton laveur, la martre, le lièvre et le castor (Comité Multi-Ressources de la vallée de la rivière Rouge, 2004).

La faune ichthyologique englobe l’achigan à petite bouche, le doré jaune, l’ombre de fontaine et le touladi. Les reptiles et amphibiens sont principalement représentés par la chélydre serpentine, la tortue des bois, la couleuvre rayée, le crapaud d’Amérique et la grenouille verte.

Le domaine forestier entrecoupé de plaines agricoles, de lacs et de cours d’eau attire une grande variété d’oiseaux au cœur du bassin versant de la rivière Rouge. On y note la présence d’un oiseau considéré comme espèce menacée et plusieurs oiseaux considérés comme susceptibles d’être désignés menacés ou vulnérables. Par ailleurs, on mentionne la présence de plusieurs espèces d’oiseaux désignées prioritaires dans le cadre de l’Initiative de Conservation des oiseaux de l’Amérique du Nord (ICOAN) (canard noir, fuligule à collier, garrot à œil d’or, harles, etc.) et quelques concentrations de bernaches du Canada en migration sur les terres agricoles des vallées de la rivière Rouge.

De nombreuses espèces animales à statut précaire occupent notamment la partie sud du territoire. Tel est entre autres le cas de la tortue des bois et de la grenouille des marais. En Outaouais, la rainette faux-grillon de l’ouest, l’alose savoureuse et le fouille-roche gris ont un statut d’espèces vulnérables.

La zone de gestion abrite aussi plusieurs espèces floristiques vulnérables ou menacées ou susceptibles d’être désignées.

Les espèces envahissantes prolifèrent rapidement dans de nombreux lacs de la zone de gestion. Une de ces espèces envahissantes, le myriophylle à épi (Myriophyllum spicatum), inquiète beaucoup de riverains et d’utilisateurs des plans d’eau pour la pratique de leurs activités nautiques.

Les espèces végétales considérées comme exotiques et envahissantes ou nuisibles sont implantées, accidentellement ou volontairement, dans une région dont elles ne sont pas originaires et où elles se développent très rapidement. Parmi les causes d’introductions accidentelles de ces plantes exotiques invasives dans un nouveau territoire figurent les activités industrielles, les échanges commerciaux et les transports de marchandises (fixation de graine sur les colis, navires, véhicules, voyageurs, etc.) (Actu-environnement, 2010).

Le domaine de l’érablière à bouleau jaune représente le plus important des domaines bioclimatiques de la zone de gestion (75.7 % du territoire). Il est à noter que le peuplement feuillu, mixte et la zone ouverte (sans végétation) représentent respectivement 41.9, 30.9, et 19.5 % de la superficie totale de la zone de gestion.

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