Description des usagers et des usages de l'eau

Usages passés

Les usages passés de l’eau dans les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon étaient essentiellement centrés autour de la villégiature puisque les lacs de ce territoire ont toujours été d’importants lieux d’attraction. La plupart des territoires du nord des bassins versants étaient des zones considérées comme presque vierges puisque la présence humaine était faible et voire même inexistante dans certains secteurs.

Usages actuels

Le récréotourisme, le secteur municipal, l’agriculture et les terrains de golf constituent les principaux usages actuels de l’eau. Cependant, les quantités d’eau utilisées ne sont pas connues de façon précise.

Outre Fortress Specialty Cellulose inc., les bassins versants des rivières Rouge, Petite Nation et Saumon ne renferment pas d’industries consommant d’importants volumes d’eau.

D’autre part, le bassin versant de la rivière Rouge comprend un nombre important de terrains de golf. Les données sur les quantités d’eau utilisées par ces acteurs ne sont pas accessibles. Selon Baril (2007), un terrain de golf de taille moyenne utilise 4 400 m3 d’eau par saison pour garder son gazon vert.

Retenues d’eau

La zone de gestion compte plusieurs barrages et deux barrages hydroélectriques. Ces ouvrages sont majoritairement répartis dans le bassin versant de la rivière Rouge. À Mont-Tremblant dans le secteur de la Diable, se trouve un barrage privé sur le ruisseau Noir. Avec une capacité de 571 540 m3, ce barrage est géré par les Apôtres de l’amour infini Canada. Plus au sud, on trouve le barrage hydroélectrique de la Chute - Bell, situé à Grenville-sur-la-Rouge qui a une capacité de 8 000 000 m3 d’eau (Centre d’expertise hydrique du Québec (CEHQ)). Il est important de rappeler que la centrale de la Chute-Bell et ses barrages sont des installations au fil de l’eau donc sans réservoir et sans impact majeur sur la fluctuation des niveaux d’eau. La centrale et ses aménagements sont désormais gérés par Hydro-Québec une société commandite, incluant des acteurs municipaux et Hydro-Québec (HQ). Le bassin versant de la rivière Petite Nation compte quelques barrages tandis que le bassin de la rivière Saumon n'en compte aucun. Il est à noter que la plupart de ces barrages n’ont pas de nom.

Usages prévus dans le futur

Le récréotourisme constituera probablement le principal secteur utilisateur de l’eau. Il serait à considérer que le développement rapide de la villégiature dans les bassins versants augmentera sans nul doute les quantités d’eau utilisées.

Demande en eau

Il y a prélèvement dès lors que de l’eau douce est extraite d’une source souterraine ou de surface, de manière permanente ou temporaire, et transportée à son lieu d’usage. Si l’eau est restituée à une source de surface, le prélèvement de cette même eau par un utilisateur situé en aval est compté à nouveau dans le calcul des prélèvements totaux. L’eau d’exhaure et l’eau de drainage sont incluses dans le calcul des prélèvements. L’eau utilisée pour la production d’électricité correspond à une exploitation in situ et n’est pas prise en compte.

Au cours du siècle passé, deux facteurs principaux ont entraîné une hausse de la demande en eau, soit le développement industriel et l’expansion agricole.

En moyenne, la consommation domestique d’eau est de 400 litres par jour par individu au Québec, valeur bien supérieure aux 80 litres estimés nécessaires pour assurer la qualité de vie (Fondation québécoise en environnement, 2010).

Disponibilités en eau

L’eau souterraine constitue la ressource en eau potable la plus sollicitée. Elle sert d’approvisionnement en eau sur près de 90 % du territoire habité et alimente 20 % de la population québécoise (MDDEP, 2010g). Elle constitue souvent l’unique source économiquement exploitable en raison de sa qualité généralement bonne et de sa proximité avec le lieu de consommation.

Il convient de souligner qu’il n’existe pas assez de données sur la disponibilité en eau pour la province de Québec. Récemment, des études commencent à s’intéresser à ce sujet. C’est dans cette optique que le gouvernement du Québec a décidé de parfaire la connaissance sur cette ressource en développant le Programme d’acquisition de connaissances sur les eaux souterraines du Québec. Ce programme vise à dresser un portrait réaliste et concret de la ressource en eau souterraine des territoires municipalisés du Québec méridional dans le but ultime de la protéger et d’en assurer sa pérennité. Ainsi, 776 000 $ sont octroyés à l’Outaouais pour mieux connaître les eaux souterraines (MDDEP, 2010). Le projet de l’Université Laval couvre un territoire de 13 500 m2 qui comprend une bonne partie des MRC de l’Outaouais. Les données recueillies permettront de mieux planifier le développement immobilier, sans mettre en péril les sources d’approvisionnement en eau et les écosystèmes.

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