Description des paramètres analysés

Pour interpréter les résultats des tests de qualité de l'eau correctement, il importe de comprendre les différents paramètres mesurés ainsi que les gammes de variations normales de ces paramètres dans les milieux naturels. Les critères de qualité la qualité de l'eau de surface (MDDELCC, 2018a) aident à savoir à partir de quelle concentration la qualité de l'eau semble problématique. Cette section fournit certaines informations à ce sujet, mais la consultation d'un expert peut être nécessaire dans certains cas. Voir les limitations de l'utilisation des données de qualité de l'eau de l'OBV RPNS pour plus de détails. 

1. Phosphore total persulfate (P-t-Per)

Le phosphore est une substance nutritive essentielle pour les végétaux. La méthode d’analyse dite « en traces » mesurant le phosphore total (dissous et particulaire) a été utilisée dans le cadre du programme de suivi de qualité de l'eau de l'OBV RPNS. Cet élément est dit limitant, car on le retrouve en moins grande quantité que les autres éléments nécessaires à la croissance végétale dans les écosystèmes naturels du Québec (Hébert et Légaré, 2000). Un apport exogène important de phosphore dans les lacs peut être à l’origine d’un développement excessif d’algues et de plantes aquatiques (Gangbazo et al., 2005; Hébert et Légaré, 2000).

Les sources de phosphore peuvent être ponctuelles ou diffuses. Les rejets de certains types d’industrie, ainsi que les eaux usées provenant des usines d’épuration, sont des exemples de sources ponctuelles. Les sources diffuses sont en général plus difficiles à identifier, mais leur importance peut être non négligeable. Il s’agit de sources de pollution plus uniformément réparties sur le territoire, comme les installations septiques, l’épandage d’engrais ou le lessivage des sols par les eaux de ruissellement sur les terrains déboisés.

Critère de qualité de l'eau

Le critère de qualité de l'eau de surface pour la protection de la vie aquatique (effet chronique) est le même que le critère pour la protection des activités récréatives et de l'esthétique pour les ruisseaux et rivières, soit de 0,03 mg/L (OMOEE, 1994). En dessous de cette concentration, il est considéré que la croissance excessive d'algues et de plantes aquatiques dans les ruisseaux et rivières est limitée. Les concentrations égales ou supérieures à 0,03 mg/L indiquent un problème potentiel de qualité de l'eau. Toutefois, il est à noter que ce critère de qualité n'assure pas toujours la protection des lacs en aval et que certains facteurs (type de substrat, profondeur, transparence, température de l'eau, vitesse du courant et ombrage) influencent l'effet potentiel du phosphore. Ces paramètres ne sont pas pris en compte par le critère de qualité; il importe donc d'interpréter ce critère avec précaution selon le milieu étudié (EC, 2004). 

2. Matières en suspension (SS ou MES)

Les matières en suspension (MES) sont composées de particules en suspension dans l’eau et peuvent provenir de sources naturelles (érosion des rives et du sol, ruissellement), anthropiques (rejets municipaux, industriels et agricoles) ou encore des retombées atmosphériques (Hébert et Légaré, 2000). Des niveaux élevés de MES induisent plusieurs conséquences, telles qu’une hausse de la turbidité des lacs, impactant ainsi le traitement de l’eau à des fins d’approvisionnement. De fortes concentrations en MES peuvent également causer le colmatage du lit des cours d’eau et des frayères, en plus des branchies des poissons, et affectent potentiellement leur taux de reproduction et leur survie. Enfin, des niveaux élevés de MES peuvent également résulter en une hausse de la température de l’eau, altérant conséquemment la qualité de l’habitat de certains organismes aquatiques (Hébert et Légaré, 2000).

Critère de qualité de l'eau

Le critère de la qualité de l’eau en termes de matières en suspension est de 25 mg/L (MDDELCC, 2018a). Lorsque la concentration en MES est inférieure à 25 mg/l, l’eau est considérée comme étant limpide, alors qu’une eau sera dite turbide lorsque sa concentration sera supérieure à 25 mg/l. Le niveau de turbidité de l’eau peut être influencé par les caractéristiques naturelles du milieu et peut varier de façon périodique selon les conditions climatiques. 

3. Coliformes fécaux (CF)

Les coliformes fécaux sont des bactéries intestinales appartenant au groupe des coliformes totaux et proviennent des matières fécales produites par les humains et les animaux à sang chaud. Leur présence dans l'eau indique non seulement une contamination récente par des matières fécales, mais aussi la présence possible de bactéries, virus et protozoaires potentiellement pathogènes. Comme les colonies peuvent être facilement identifiées et comptées, ces dernières sont fréquemment utilisées comme indicateurs de pollution fécale. La limite de détection des analyses de coliformes fécaux est de deux unités formatrices de colonies (UFC)/100 ml (MDDELCC, 2018a). Escherichia coli est la seule espèce bactérienne faisant partie du groupe des coliformes totaux (coliformes fécaux) qui soit strictement d’origine fécale humaine ou animale et s’avère être l’espèce la plus souvent associée au groupe des coliformes fécaux (Institut national de la santé publique du Québec (INSP), 2015). Les résultats de qualité de l'eau présentés sur la carte interactive de l'OBV RPNS ont été testés dans deux laboratoires d'analyse différents, celui du MDDELCC testant les coliformes totaux thermotolérants, et celui du laboratoire EnvironeX, testant les bactéries E. coli seulement. Pour savoir quelle méthode d'analyse a été utilisée pour une station en particulier, veuillez communiquer avec l'équipe de l'OBV RPNS (info@rpns.ca) . 

Les sources principales de contamination bactériologique sont les rejets d’eaux usées domestiques non traitées ou mal traitées, les débordements des réseaux d’égouts (ouvrages de surverse) par temps de pluie, ainsi que l’épandage de fumier et de lisier. Les températures chaudes et les fortes pluies accentuent les risques de contamination des eaux de baignade et de l’eau de consommation (Eau Secours, 2011).

Critère de qualité de l'eau

Différents critères d’évaluation de la qualité de l’eau de surface ont été déterminés selon le type d’usage (MDDELCC, 2018a). Il est considéré que la concentration en coliformes fécaux doit être inférieure à 200 UFC/100 ml pour protéger les activités impliquant un contact direct avec l'eau (ex: baignade), et inférieure à 1000 UFC/100 ml pour protéger les activités nécessitant un contact indirect avec l'eau (ex: pêche, navigation, etc.). Il est important de noter que les données récoltées dans le cadre du suivi de la qualité de l'eau de l'OBV RPNS sont insuffisantes pour prononcer un avis pour la baignade. 

5. Indice de la qualité bactériologique et physicochimique (IQBP6)

L'indice de la qualité bactériologique et physicochimique a été créé pour combiner les données de plusieurs paramètres de qualité de l'eau en une seule valeur facile à interpréter. L'IQBP6 combine les valeurs de six paramètres : le phosphore total, les coliformes fécaux, les matières en suspension, l'azote ammoniacal, les nitrites-nitrates et la chlorophylle a totale (chlorophylle a et phéopigments) (MDDELCC, 2018c). 

Critère de qualité de l'eau

L’IQBP permet ainsi de définir 
cinq classes de qualité :

IQBP

Cote de qualité de l'eau

A (80-100)

Eau de bonne qualité

B (60-79)

Eau de qualité satisfaisante

C (40-59)

Eau de qualité douteuse

D (20-39)

Eau de mauvaise qualité

E (0-19)

Eau de très mauvaise qualité

Source: MDDELCC, 2018c

Références

Eau Secours. 2011. Campagne de surveillance des eaux du Canal de Lachine du 28 Juin 2011 Programme RIVE/C-Vert. En ligne, 20 mars 2018 : http://eausecours.org/esdossiers/rive-lachine2011.pdf

EC - Environnement Canada, 2004. Canadian guidance framework for the management of phosphorus in freswater systems. Scientific Supporting Document - Bureau national des recommandations et des normes, Direction générale de la coordination et des politiques relatives à l'eau

Gangbazo, G., J. Roy et A. Le Page. 2005. Capacité de support des activités agricoles par les rivières : le cas du phosphore total. Ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec, 28 p.

Hébert, S. et S. Légaré, 2000. Suivi de la qualité des rivières et petits cours d’eau, Québec, Direction du suivi de l’état de l’environnement, ministère de l’Environnement, envirodoq no ENV-2001-0141, rapport n° QE-123, 24 p. et 3 annexes. En ligne, 20 mars 2018 : http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/rivieres/GuidecorrDernier.pdf

MDDELCC- Ministère du Développement durable, de l’Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques, 2018a. Critères de qualité de l’eau de surface. En ligne, 20 mars 2018 : http://www.mddep.gouv.qc.ca/eau/criteres_eau/index.asp

MDDELCC - Ministère du développement durable, de l'environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques, 2018b- Suivi de la qualité des rivières et petits cours d'eau. En ligne, 20 mars 2018: http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/eco_aqua/rivieres/annexes.htm#a-total

MDDELCC - Ministère du développement durable, de l'environnement et de la Lutte contre les Changements climatiques, 2018c. Glossaire des indicateurs d'état. En ligne, 20 mars 2018: http://www.mddelcc.gouv.qc.ca/eau/sys-image/glossaire2.htm

OMOEE - Ontario Ministry of Environment and Energy, 1994. Water Management. Policies, Guidelines, Provincial Water Quality Objectives of the Ministry of Environment and Energy - Toronto, 32 p

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